jeudi 7 mai 2015

Quand t'as pas confiance en toi.

Quand on est comme moi, la recherche de la confiance en soi c'est un peu comme la quête du Saint-Graal: on court après pendant toute sa vie et on ne la trouve jamais. On s'en approche parfois et puis pouf, on se rend compte que c'était une mauvaise piste. Du coup, il faut vivre avec. Ou plutôt sans. Enfin bref, vous avez compris quoi.

Quand on manque d'assurance, on a du mal à prendre les compliments pour ce qu'ils sont et on a tendance à se triturer la cervelle pour trouver un moyen de détourner la chose en une remarque négative. C'est complètement con et un chouïa maso, je vous l'accorde, mais c'est comme ça. Pour mieux comprendre, je vous invite à entrer un instant dans ma tête.

Commençons par les compliments faits pas des inconnus qui, en général, portent sur le physique ou l'habillement (ben oui, logique, c'est la seule chose qu'ils connaissent de nous). Si, par exemple, un homme me dit que je suis jolie je vais me dire "Hé ben toi, soit t'as de la merde dans les yeux soit t'as des goûts de chiottes. Dans les deux cas, tu ne m'as pas vue sans maquillage et heureusement parce-que tu changerais vite d'avis." Et si ce même compliment vient d'une femme, ça donnera "Hé, ho, ça va hein, je sais très bien que tu viens de m'analyser de pied en cap, que tu as noté absolument tous mes défauts et que pour pas te faire gauler ou pour faire la meuf sympa (parce-que tu auras pitié de moi) tu te rattrapes en me caressant dans le sens du poil. Biatch.".

D'ailleurs quand tu a une piètre opinion de toi-même, tu as aussi tendance à observer les autres et tu les trouve toujours plus ci ou plus ça que toi. De l'extérieur tu as parfois un côté hautain-j'me-la-pète-je-suis-mieux-que-toi-d'abord alors qu'en fait tu as l'ego d'une huître et que ton miroir, qui pourtant ne t'as rien fait, est ton pire ennemi (et ton meilleur ami en même temps, paradoxalement).
Notons aussi une variante de l'esquive au compliment sur le physique: la réponse de l’ego d’huître qui tente de donner le change. Ça donne "Boh, je suis pas jolie, disons que j'ai du chien. Soit je plais beaucoup soit pas du tout. C'est une question de charme, tout le monde a du charme hein.". Moui, je sais, c'est bidon. On fait ce qu'on peut.



Passons aux compliments faits par les proches. Habituellement, dans ce cas, on pense toujours la même chose, à savoir "Il/elle me dit ça parce-qu'il/elle m'aime bien et sait très bien que j'ai pas confiance en moi alors du coup il/elle tente de booster mon ego mais au fond il/elle dit ça juste pour me faire plaisir.".
Cette phrase, je la pense très souvent et je l'agrémente en fonction des cas. Par exemple quand on me dit:

- "Flo, tu as un don pour l'écriture! Tu devrais devenir journaliste/écrire un bouquin!"
Je me dis: "Euuuh non. Non, non, je ne crois pas. J'écris facilement, peut-être, mais sur tout et n'importe quoi, sans queue ni tête, sans structure et surtout sans talent. Si je te prenais au sérieux, je me ridiculiserais alors bon, ce genre d'idées saugrenues tu te les gardes, merci bien."

- "Flo, tu chantes bien!"
Je me dis: "Tu es ma mère/mon père/mon mari, tu m'aimes beaucoup, ton jugement n'a donc aucune valeur à mes yeux puisqu'il n'est pas objectif. D'ailleurs tu m'entendrais chanter à The Voice sans savoir que c'est moi, tu ricanerais en disant "Roooooh que c'est mauvais!"

- "Flo, arrête un peu avec tes complexes, tu es belle/bien foutue!"
Je me dis: "Toi, tu en as marre de me voir me prendre la tête, tu veux juste que je ferme ma gueule."

- "Flo, tu te maquilles bien!"
Je me dis: "Tu trouves que je ressemble à un camion volé et que je devrais vraiment penser à être un peu plus naturelle. C'est hors de question, je ne m'aime pas et je continuerais à me cacher derrière mon make-up que ça te plaise ou non. Laisse-moi tranquille maintenant."

- "Flo, tu es intelligente!"
Je me dis: "Non, j'étale le peu de culture que j'ai comme de la confiture histoire de donner le change mais en fait je suis aussi cultivée qu'un mérou."

- "Flo, tu es une vrai cinéphile!"
Je me dis: reportez-vous à la réponse précédente: le mérou.


Et puis, quand t'as pas confiance en toi, il y a un autre truc qui te définis à la perfection: l'incapacité d'aller au bout des choses. Pas par paresse, non, mais juste parce-qu'il y a toujours cette petite voix dans ta tête qui te dit "Même pas en rêve, t'es pas capable, t'es conne et puis t'es trop nulle. T'arriveras à rien, bouffonne va!".
Du coup, je pense avoir voulu faire plus de métiers et plus d'études que quiconque. Enfin "faire des études" n'est pas le bon mot. Disons plutôt commencer et abandonner à la première difficulté. Et du coup ça donne un beau bordel dans ma vie qui font que les gens ont souvent du mal à me prendre au sérieux. Sachant que j'ai moi-même du mal à me prendre au sérieux tellement j'ai trop la honte quand j'établis une liste de ce que j'ai un jour considéré comme des vocations profondément encrées en moi. Pendant 15 jours peut-être mais profondément encrées quand-même. Vous voulez rigoler? Ok, alors la voilà la fameuse liste.

Dans ma vie j'ai voulu être:

- Chanteuse (rêve de petite fille, j'y croyais dur comme fer même si je chantais comme une merde)
- Comédienne (le seul métier pour lequel j'ai terminé des études. Mais après quelques années de galères j'ai préféré laisser tomber. Les courts-métrages d'étudiants ça va cinq minutes.)
- Avocate (comme mon papa et parce-que mes profs me disaient souvent "Arrête de toujours vouloir défendre tes petits camarades opprimés à coups de grandes plaidoiries, prends ton compas et tais-toi!")
- Dresseuse d'orques (à cause de Sauvez Willy)
- Membre de Greenpeace (le jour où j'ai compris que le pauvre Willy avait beaucoup souffert)
- Vétérinaire (classique)
- Hôtesse de l'air
- Institutrice (mais je n'ai jamais su retenir mes tables de multiplication alors c'était foutu d'avance)
- Fleuriste (idée abandonnée sachant qu'il faudrait me lever à 4 heures du mat')
- Décoratrice d'intérieur
- Psychologue (j'ai fait une psychothérapie à la place)
- Régisseur/accessoiriste (je l'avais fait sur une pièce de théâtre scolaire, je trouvais ça cool)
- Policier (plus précisément "maître-chien" mais il était évident que j'allais échouer aux tests psychologiques.   Du coup j'ai laissé tomber.)
- Gardien de prison (Ouais...bon, passons.)
- Criminologue (merci Les Experts)
- Gardien de zoo
- J'en passe et des meilleures...



Et puis, il y a ceux pour lesquels j'ai commencé des études...et puis finalement, non.

- Script/Monteur: je me suis inscrite à l'INRACI, j'étais super motivée, mes parents avaient payé le minerval et puis il y a eu cette journée de tests dont le premier était une interrogation de math soi-disant d'un niveau secondaires. Tu parles, je comprenais même pas les questions. J'ai même pas mis mon nom sur la feuille et j'ai quitté la salle en catimini. Bon, mes parents ont récupéré leur argent, c'est déjà ça.

- Conseiller en publicité: les cours étaient sympa mais les stages m'ont vite fait comprendre que je passerais ma vie à vendre des espaces publicitaires entourée de collègues aussi frustrés que moi alors que mon truc, c'était plutôt de faire partie des "créas". J'ai saboté ma session d'examen de fin de première année et je me suis lamentablement plantée.

- Manucure-pédicure: pourquoi j'ai fait ça? Alors là je n'en sais strictement rien. Tout ce que je sais c'est que j'étais tellement stressées le jour de l'examen que je tremblais comme une dingue. Comme je n'avais pas envie de foutre du vernis jusque sur le coude de ma prof, je me suis portée pâle et je n'ai jamais repassé le test.

Et c'est sans compter le nombre effroyable de jobs que j'ai commencés et abandonnés à la moindre embûche qui me semblait insurmontable En vous mettant de cette façon tous mes échecs sous le nez, je devrais sans doute déprimer et avoir un peu honte. Et ça a été le cas pendant longtemps mais maintenant je prends le parti d'en rire, c'est toujours mieux que d'en pleurer. Parce-que si je n'ai pas encore trouvé mon futur métier (j'ai des pistes mais je préfère me taire, de peur qu'ils soient à ajouter la liste et que vous vous foutiez bien de ma gueule), j'ai tout de même pas mal avancé dans ma vie puisque j'aurais ri au nez de celui qui, il y a deux ans, m'aurait dit que je serais aujourd'hui mariée et stable dans ma vie personnelle. Si ça se trouve, dans deux ans j'aurai trouvé le métier, peut-être pas de mes rêves, mais dans lequel je m'épanouirai, confiance en soi ou pas confiance en soi.
Par contre je ne vous garantis pas de ne pas douter de votre sincérité quand vous me ferez des compliments. Un chat est un chat, faut pas rêver non plus!

Bisous les copains.


Sources photos:
www.paperblog.fr
www.momticks.wordpress.com
www.joyreactor.com
www.pinterest.com

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